Vous vous demandez sûrement s’il est possible de cumuler 2 CDI 35h pour doubler votre salaire, ou si l’administration va vous tomber dessus. La loi française pose des limites strictes sur le temps de travail qui rendent ce projet de 70 heures hebdomadaires irréalisable. Nous allons décortiquer ensemble les risques juridiques concrets et surtout vous dévoiler les seules options valides pour augmenter vos revenus en toute légalité.
La loi est claire : 70 heures par semaine, c’est non
Soyons francs : cumuler 2 cdi 35h nous amène à 70 heures hebdomadaires, ce qui est légalement impossible en France. Le Code du travail impose des barrières strictes. On parle ici de la durée maximale de travail, une règle d’ordre public. C’est simple : aucun employeur ne peut vous faire travailler au-delà de ces seuils, même avec votre accord écrit. La loi verrouille la situation avec des plafonds cumulatifs pour protéger votre santé.
Les plafonds à ne jamais dépasser
D’abord, le compteur journalier bloque à 10 heures de travail effectif par jour. C’est une limite sanitaire nette qu’on ne franchit presque jamais. Ensuite, il y a la limite hebdomadaire absolue : vous ne pouvez pas dépasser 48 heures sur une même semaine. Vous voyez le problème ? Avec deux temps pleins, on explose ce plafond de plus de 20 heures. Enfin, la moyenne ne doit pas excéder 44 heures par semaine sur 12 semaines consécutives, selon le Code du travail.
| Type de limite | Durée légale |
|---|---|
| Limite journalière | 10 heures par jour |
| Limite hebdomadaire absolue | 48 heures par semaine |
| Limite hebdomadaire moyenne | 44 heures sur 12 semaines consécutives |
Et les conventions collectives dans tout ça ?
On entend parfois que les conventions collectives permettent de tout contourner. Faux. Elles peuvent aménager le temps de travail, mais jamais pour franchir les lignes rouges de la santé publique. Leur rôle est d’offrir des conditions plus favorables, pas de vous essorer.
Pour faire très simple : une convention peut réduire le plafond, mais ne pourra jamais valider vos 70 heures. Bref, même en tentant de calculer ses heures de travail mensuelles avec créativité, ce double cumul reste une impasse juridique.
Au-delà des heures, les obligations de votre contrat
Maintenant que le chrono a parlé, voyons ce que dit votre contrat. Car même si, par miracle, les heures collaient pour cumuler 2 cdi 35h, d’autres barrières juridiques se dressent sur votre chemin.
L’obligation de loyauté : ne pas scier la branche
Même sans clause écrite, un principe invisible vous lie : l’obligation de loyauté. C’est un devoir implicite qui existe dans tout contrat de travail, même s’il n’est pas écrit noir sur blanc.
Cela implique quoi concrètement ? Une interdiction formelle de nuire à son employeur et, surtout, de lui faire concurrence. Travailler pour un concurrent direct est une violation claire de cette obligation.
Insistons sur un point : cette obligation s’applique en permanence, y compris en dehors des heures de travail.
La fameuse clause d’exclusivité, une prison dorée ?
Passons à la vitesse supérieure avec la clause d’exclusivité. Contrairement à la loyauté, elle doit être explicitement inscrite dans le contrat pour exister. Elle interdit toute autre activité professionnelle, rémunérée ou non.
Attention, ses conditions de validité sont très strictes. Elle doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise et justifiée par la nature spécifique des fonctions du salarié (cadre dirigeant, par exemple).
Bon à savoir : pour un salarié à temps partiel, une telle clause est presque systématiquement jugée abusive et donc nulle par les tribunaux.
Comment contester ou suspendre une clause d’exclusivité
Si la clause ne respecte pas les conditions (indispensable, justifiée), elle peut être considérée comme non écrite. Le salarié peut alors la contester devant le Conseil de prud’hommes pour la faire annuler.
Voyons le cas particulier de la création d’entreprise. La loi permet à un salarié de demander la suspension de sa clause d’exclusivité pendant un an pour lancer son projet. L’employeur ne peut pas s’y opposer.
Cumul illégal : les risques que vous prenez vraiment
Le licenciement pour faute, une épée de Damoclès
Ignorer les durées maximales ou la loyauté, c’est jouer avec le feu. C’est une infraction très sérieuse aux yeux de la loi. Elle justifie souvent une faute grave. Vous partez alors sans préavis ni indemnités, comme l’indiquent les motifs de licenciement pour faute.
Ça peut aller encore plus loin avec la notion de faute lourde. Si votre intention de nuire est prouvée, la note sera salée. L’employeur est alors en droit de vous réclamer des dommages et intérêts.
Ne croyez pas passer sous les radars indéfiniment. Les contrôles sont fréquents et les employeurs restent très vigilants.
L’employeur a le droit de vous questionner
Face au doute, votre patron ne restera pas passif. Il peut exiger des preuves écrites rapidement. Il usera de son droit de l’employeur à demander une attestation certifiant vos horaires. Vous devez jurer sur l’honneur que vous êtes dans les clous.
Le refus de fournir ce document est une faute grave en soi. C’est un motif suffisant pour rompre le contrat. La sanction tombe généralement sans appel.
Vous voilà donc coincé dans une position intenable. C’est une impasse totale si vous êtes en illégalité.
Les sanctions financières et autres risques
Au-delà de la perte de votre job, cumuler 2 cdi 35h illégalement touche directement votre portefeuille.
- Licenciement pour faute grave : Vous partez sans préavis et vous asseyez sur vos indemnités de licenciement.
- Licenciement pour faute lourde : L’addition grimpe avec le risque de devoir verser des dommages et intérêts à l’employeur.
- Amende pénale : Le salarié risque une amende de 1 500 €, qui peut monter à 3 000 € en cas de récidive.
- Problèmes d’assurance : En cas d’accident du travail, la situation peut devenir un véritable casse-tête pour la couverture.
Sachez aussi que les patrons risquent de lourdes amendes pénales. C’est exactement pour cette raison qu’ils ne vous laisseront rien passer. Ils doivent absolument s’assurer que tout est en ordre.
Les scénarios où le cumul devient possible (et légal)
Le tableau est plutôt sombre pour le cumul de deux temps pleins. Mais tout n’est pas perdu. Il existe des montages parfaitement légaux pour augmenter ses revenus en toute sérénité.
La voie royale : un temps plein et un temps partiel
Plutôt que de tenter l’impossible en voulant cumuler 2 CDI 35h, la stratégie gagnante consiste à associer votre emploi principal à un CDI à temps partiel. Cette approche est totalement validée par la loi, pourvu que l’addition des horaires reste sous les plafonds.
Prenons un cas concret : vous gardez vos 35 heures actuelles et signez un second contrat de 10 heures. Avec un total de 45 heures, vous restez parfaitement dans les clous de la limite fatidique des 48 heures.
Pour faire très simple, c’est la méthode la plus fiable pour cumuler deux salaires sans craindre une visite de l’inspection du travail.
Salarié et entrepreneur : le grand écart autorisé
Voici une nuance que beaucoup ignorent : on peut cumuler un job salarié et une activité de micro-entrepreneur. La subtilité, c’est que les plafonds horaires stricts (10h par jour, 48h par semaine) s’appliquent uniquement à votre temps de travail salarié.
En clair, vous faites vos 35 heures pour votre patron, et ensuite, vous êtes libre de bosser autant que vous le voulez pour votre propre boîte. C’est la flexibilité totale.
Un bémol important tout de même : l’obligation de loyauté reste de mise. Votre business ne doit jamais concurrencer votre employeur principal lorsque vous allez chercher des idées de métiers à exercer en indépendant.
Le cas particulier de la fonction publique
Pour les fonctionnaires, la donne change radicalement et les règles sont bien plus strictes. L’État exige que ses agents se consacrent entièrement à leur mission de service public, ce qui verrouille pas mal d’options.
- Activités accessoires soumises à autorisation : Expertise, enseignement, consultation, services à la personne, etc.
- Activités librement exercées : Création d’œuvres de l’esprit (écrire un livre), bénévolat.
- Cumul avec une micro-entreprise : Possible mais très encadré et soumis à l’autorisation préalable de l’administration.
Autant dire que le cumul d’emplois ressemble ici à un parcours du combattant, rendant l’idée d’un double temps plein totalement illusoire.
Cumul légal : les impacts concrets sur votre vie (et votre portefeuille)
Bravo, vous avez trouvé un montage de cumul légal ! Mais avant de sabrer le champagne, regardons de plus près les conséquences pratiques. Car avoir deux employeurs, ça change pas mal de choses au quotidien.
Congés payés et RTT : le casse-tête des plannings
Vous accumulez des droits à congés payés chez chaque patron, c’est mathématique. Mais attention, aucun employeur n’est obligé de s’aligner sur les dates de l’autre. C’est là que ça coince souvent pour cumuler 2 cdi 35h sereinement.
Pour éviter de devoir travailler pendant vos vacances de l’un pour le compte de l’autre, il faut anticiper. Parlez-en aux services RH respectifs bien en amont pour tenter de caler vos semaines ensemble.
Cette logique implacable vaut aussi pour les jours de RTT. Si vous en avez, il faudra jongler avec deux compteurs différents.
Fiche de paie, impôts et cotisations : comment ça marche ?
Vous recevrez bien deux fiches de paie distinctes chaque mois. Chaque boîte appliquera le prélèvement à la source, mais gare au taux ! Vérifiez votre espace impôts pour éviter un gros rattrapage fiscal l’année suivante.
Côté social, vous cotisez pour la maladie et la retraite sur les deux salaires. C’est un vrai levier pour vos droits à la retraite, car tout s’additionne dans la limite des plafonds pour comprendre le calcul de son salaire.
Et en cas de maladie ou de chômage ?
- Arrêt maladie : Vous devez envoyer l’avis d’arrêt à chacun des deux employeurs. Bonne nouvelle, les indemnités journalières de la Sécurité Sociale se basent sur l’addition des deux revenus.
- Accident du travail : Ici, la déclaration ne concerne que l’entreprise où l’accident a eu lieu, pas l’autre.
- Chômage : Si vous perdez un seul poste, vous pouvez toucher des allocations (sous conditions) en gardant l’autre. Si tout s’arrête, France Travail prend en compte le total cumulé.
Bref, même si la paperasse fait peur, le système social français est prévu pour gérer ces situations de pluriactivité.
Bon, pour faire très simple : cumuler deux CDI à temps plein, c’est une impasse juridique. Oubliez les 70 heures, le jeu n’en vaut pas la chandelle face aux risques de licenciement. Si vous voulez vraiment gonfler vos revenus, misez plutôt sur le cumul salarié et freelance. C’est légal et beaucoup plus sûr pour nous tous