Public benefit organisation : définition et fonctionnement

By Olivier

L’essentiel à retenir : Une organisation à but non lucratif (OBNL) place sa mission sociale ou environnementale avant tout profit. Elle peut générer des revenus, mais ceux-ci doivent être réinvestis intégralement. En France, elle se structure souvent en association loi 1901, fondation ou fonds de dotation, garantissant transparence et gouvernance démocratique.

L’organisation à but non lucratif, ce n’est pas juste une question de statut juridique : c’est un modèle qui place la mission sociale au cœur de tout, sans oublier ses spécificités bien précises. Que ce soit pour l’éducation, la santé ou l’environnement, ces structures agissent dans de nombreux domaines.

Dans ces lignes, on décortique pour vous les 4 piliers incontournables (non-distribution des bénéfices, gouvernance transparente, etc.), le fonctionnement au quotidien (statuts, bénévoles, salariés), et même les règles fiscales strictes encadrant les activités commerciales. Prêt à y voir clair ?

Qu’est-ce qu’une organisation à but non lucratif ? on vous dit tout !

Alors, une organisation à but non lucratif, c’est quoi au juste ?

Pour faire très simple, une organisation à but non lucratif (OBNL) est une structure qui ne cherche pas à faire du profit pour des actionnaires. Son objectif ? Mettre ses ressources au service d’une cause. Cela peut être une association loi 1901, une fondation ou une Public Benefit Organisation (PBO) en France, Québec ou ailleurs. Ces structures se distinguent par leur obligation de réinvestir les excédents dans leur mission, tout en respectant des règles de gestion désintéressée typiques de la loi de 1901 ou des statuts de fondation.

La mission avant le profit : le cœur du réacteur

Ces organisations se démarquent par leur engagement envers l’intérêt général, avec des actions comme :

  • L’éducation (scolarisation d’enfants défavorisés),
  • La recherche scientifique (lutte contre les maladies rares),
  • L’aide aux sans-abri (hébergement et insertion),
  • Le développement durable (protection de la biodiversité).

Bien qu’autorisées à générer des revenus via des activités accessoires (boutiques éthiques, formations), ces fonds sont systématiquement réinvestis dans leur cause. Un modèle hybride qui allie économie et objectif social, sous contrôle légal strict.

Attention à ne pas confondre !

Une idée reçue à combattre : une OBNL (organisme à but non lucratif) n’est pas une structure sans revenus. Elle peut générer des excédents via des dons ou activités réglementées, mais ceux-ci doivent impérativement servir sa mission. Aucune distribution de profits n’est autorisée, contrairement aux entreprises classiques. Ce principe garantit son statut et justifie des avantages fiscaux comme l’exonération d’impôt sur les sociétés, sous réserve de transparence, de gouvernance démocratique, et de publication annuelle des comptes comme le prévoit la loi en France.

Les 4 piliers fondamentaux d’une organisation à but non lucratif

Pilier 1 : le but non lucratif absolu

Une OBNL vit sous une règle incontournable : aucun profit ne doit être distribué à ses membres ou dirigeants. Un excédent est autorisé, mais il reste dans l’organisation pour renforcer sa trésorerie ou financer des projets. Cela garantit que l’argent généré sert uniquement la cause.

Par exemple, une association environnementale peut réinvestir ses bénéfices dans des campagnes de sensibilisation ou des équipements recyclables. Selon Revenu Québec, ces fonds ne peuvent pas être utilisés pour enrichir les dirigeants ou réduire les cotisations des adhérents.

Pilier 2 : la mission d’intérêt général

Le principe est simple : toute l’énergie et les ressources de l’organisation sont consacrées à sa mission sociale, garantissant que l’impact prime toujours sur le profit.

L’organisation doit agir pour le bien commun, pas pour un cercle restreint. Son action se décline dans des domaines variés : éducation (ateliers d’alphabétisation gratuite), environnement (nettoyage de plages), culture (expositions accessibles à tous), santé (dépistage mobile du diabète), ou solidarité internationale (distribution de repas dans les pays en crise). Elle s’adresse à un public large, sans exclusive, pour un bénéfice collectif. Un projet local peut être accepté s’il s’inscrit dans un cadre national ou international plus vaste.

Pilier 3 : la gestion désintéressée

Les dirigeants d’une OBNL doivent rester neutres dans la gestion. Deux cas possibles pour une rémunération :

  • Elle ne dépasse pas les 3/4 du SMIC mensuel : aucun encadrement supplémentaire requis.
  • Elle est supérieure : les règles strictes s’appliquent (transparence, délibération collégiale, rapport annuel, limites quantitatives).

Le but ? Éviter tout conflit d’intérêts et garder la priorité sur la mission. Par exemple, un dirigeant ne peut pas attribuer un marché à une entreprise dont il est actionnaire. Les rémunérations excessives ou non motivées entraînent la perte du statut d’utilité publique, avec des conséquences fiscales lourdes pour l’organisation.

Pilier 4 : la gouvernance démocratique et transparente

La structure repose sur une gestion collégiale. Les décisions majeures se prennent en assemblée générale, où chaque membre a une voix égale. Les statuts définissent les règles de vote et de renouvellement des dirigeants. La transparence est exigée via :

  • Publication des comptes annuels consultables par tout membre.
  • Rapport d’activité détaillé (bilan des actions, budget exécuté).
  • Vérification par un commissaire aux comptes si seuil de 1 million d’euros dépassé.

Ces obligations maintiennent la confiance des donateurs et du public. Les documents sont souvent mis en ligne, avec des synthèses visuelles pour simplifier la lecture, renforçant la crédibilité de la structure.

Comment ça marche au quotidien ? le fonctionnement décortiqué

Les statuts : la feuille de route de l’organisation

Voyons ensemble un pilier essentiel : les statuts. Ils forment la « bible » de l’organisation à but non lucratif (OBNL). Ces documents définissent clairement l’objet social (la mission), les règles de gouvernance, la composition des organes dirigeants, et les modalités de dissolution. En somme, c’est la carte d’identité juridique de l’entité.

Bon à savoir : la précision des statuts évite bien des conflits futurs ! Pour faire très simple, les statuts doivent aussi préciser le siège social, les modalités d’adhésion et de radiation des membres, ainsi que les sources de financement possibles (cotisations, subventions, dons, etc.).

Qui dirige l’organisation ?

Deux organes principaux assurent la gouvernance. L’Assemblée Générale (AG) est l’organe souverain, réunissant tous les membres. Elle valide les comptes, élit les administrateurs et valide les grandes décisions (à 2/3 des voix pour les modifications importantes).

Le Conseil d’Administration (CA), élu par l’AG, gère le quotidien : orientation stratégique, gestion des finances et des ressources. Un bon dirigeant doit souvent adopter un management consultatif pour fédérer les équipes, tout en distinguant leader vs manager pour inspirer. L’AG se réunit au minimum une fois par an, tandis que le CA peut se réunir plus fréquemment, selon les besoins.

Bénévoles et salariés : un duo gagnant

Le bénévolat est souvent le cœur battant de l’OBNL, mais saviez-vous qu’elle peut aussi embaucher ? Une OBNL peut avoir des salariés sous certaines conditions : obtention d’un numéro SIRET et affiliation à l’URSSAF. Les piliers du fonctionnement s’articulent autour de :

  • Statuts clairs définissant la mission
  • Gouvernance démocratique (AG et CA)
  • Gestion financière transparente et désintéressée
  • Obligations de reporting régulier

Notez bien que les bénévoles et salariés collaborent souvent pour maximiser l’impact, tout en respectant strictement la non-distribution des bénéfices. C’est ce mélange de passion et de professionnalisme qui fait la force de ces organisations.

Par exemple, un bénévole peut animer des ateliers de soutien scolaire tandis qu’un salarié gère la comptabilité ou les relations avec les partenaires. Cette complémentarité permet d’assurer à la fois l’engagement associatif et la pérennité du projet.

Organisation à but non lucratif vs entreprise : le tableau des différences

Deux mondes, deux objectifs

On pourrait croire que les associations et les entreprises fonctionnent de manière similaire, mais leur ADN est complètement différent. L’une vise l’impact social, l’autre le profit. Pour bien comprendre, voici un comparatif clair et direct.

CritèreOrganisation à but non lucratifEntreprise lucrative
Objectif principalAgir pour l’intérêt général (exemples : éducation, santé, environnement)Générer des profits pour les actionnaires ou propriétaires
Utilisation des excédentsLes bénéfices sont systématiquement réinvestis dans la mission (projets, infrastructures)Les profits peuvent être transformés en dividendes, stock-options ou réinvestis dans l’activité
GouvernanceStructure collégiale (conseil d’administration élu), décision orientée mission, pas d’intérêts privésPouvoir concentré sur les actionnaires ou dirigeants, prise de décision guidée par la rentabilité
Finalité ultimeContribuer à la société par des actions concrètes et durablesAccroître la valeur de l’entreprise et les revenus des investisseurs

Les deux modèles ont leurs forces, mais leur différence réside dans la finalité. Une association peut réaliser des bénéfices (via des prestations, subventions, etc.) sans jamais les redistribuer. Une entreprise, elle, peut orienter ses décisions pour maximiser les retombées économiques. Bon à savoir : la gestion désintéressée est une obligation pour les OBNL, pas pour les sociétés.

Les différents visages de l’organisation à but non lucratif

Une organisation à but non lucratif, qu’elle soit en France ou à l’étranger, se reconnaît à son engagement envers une cause collective. Mais savez-vous vraiment comment ces structures diffèrent selon les pays ? Décortiquons ça ensemble !

En France : associations, fondations et fonds de dotation

En France, trois grandes familles. Voici leurs spécificités :

  • Association loi 1901 : Le modèle le plus répandu. Elle réunit des personnes autour d’un projet commun, sans viser de profit. Simple à créer, elle repose sur la participation active de ses membres.
  • Fondation : Ici, c’est l’argent qui est au cœur du dispositif. Créée par un don irrévocable, elle nécessite un capital minimum de 1,5 million d’euros pour obtenir le statut d’utilité publique.
  • Fonds de dotation : Plus flexible, il se lance avec 15 000 euros. Il collecte des dons exclusivement privés pour financer d’autres OBNL, sans accès aux subventions publiques.

Quel que soit le type, l’argent récolté sert toujours la mission, jamais les poches des dirigeants !

Et à l’étranger ? Petit lexique pour s’y retrouver

Au-delà des frontières, les noms changent mais l’ADN reste le même. Regardez plutôt :

  • ASBL (Belgique) : Association Sans But Lucratif, elle aussi centrée sur l’intérêt général.
  • OSBL (Québec) : Organisme Sans But Lucratif, similaire à nos associations françaises.

Ces structures étrangères partagent trois points communs avec les OBNL françaises : pas de partage de bénéfices, un objectif d’utilité sociale et une gestion transparente. Le terme anglophone Public Benefit Organisation (PBO) recouvre d’ailleurs toutes ces réalités internationales.

Que vous soyez en Europe ou en Amérique du Nord, l’essentiel est là : servir une cause sans mettre les bénéfices dans sa poche !

Une organisation à but non lucratif peut-elle avoir une activité commerciale ?

Oui, mais ce n’est pas la fête du slip !

L’idée reçue selon laquelle une OBNL ne peut générer de revenus est à revoir.

« Une organisation à but non lucratif peut organiser un gala ou vendre des produits, tant que ces activités servent sa mission principale. »

Les activités lucratives annexes (boutique solidaire, repas caritatif, ateliers payants) sont autorisées, à condition qu’elles renforcent sa mission sociale ou environnementale. Prenons un exemple concret : une association luttant contre le mal-logement pourrait vendre des objets recyclés confectionnés par des bénéficiaires ou organiser un marché solidaire avec des prix réduits pour les personnes en précarité. Ces initiatives ne cherchent pas à rivaliser avec des commerces traditionnels, mais à financer des projets d’insertion ou des logements sociaux.

Les 3 règles d’or pour ne pas payer d’impôts commerciaux

Pour conserver son statut d’exonération fiscale, l’OBNL doit respecter trois impératifs :

  1. Gestion désintéressée : les dirigeants ne doivent pas profiter personnellement des bénéfices. Les salaires, s’ils existent, doivent être justifiés par des critères du secteur associatif et non liés aux revenus générés. Par exemple, un directeur peut être rémunéré à temps partiel, mais sans bonus lié au chiffre d’affaires.
  2. Pas de concurrence commerciale : l’activité ne doit pas empiéter sur les activités du secteur privé. Si une OBNL vend des cafés, ce dernier doit être proposé à prix solidaire à un public spécifique (comme les usagers du centre d’hébergement de l’association), avec des pratiques commerciales éthiques (pas de publicité agressive, horaires d’ouverture limités).
  3. Activité lucrative marginale : les recettes commerciales ne peuvent pas dépasser 78 596€/an ou devenir la principale ressource. Les 6 événements caritatifs annuels (repas, kermesses, concerts) restent exonérés. Au-delà, l’association devrait s’enregistrer comme entreprise et déclarer ses bénéfices.

Le non-respect d’une règle expose l’association à la TVA ou l’impôt sur les sociétés. Les galas exceptionnels (ex. vente aux enchères d’œuvres pour un projet associatif ou soirée de levée de fonds avec des lots offerts par des partenaires locaux) restent hors seuil. Il est impératif de bien documenter ces activités dans les comptes annuels pour justifier leur caractère exceptionnel lors des contrôles fiscaux.

Ce qu’il faut retenir pour briller en société

Mission, pas profit : le résumé express

Alors, si on résume, une organisation à but non lucratif se définit par une mission d’intérêt général. Même si elle génère des revenus, ceux-ci sont réinvestis intégralement pour amplifier son impact. Pas de partage de bénéfices ici : la transparence et la gestion désintéressée guident chaque décision. Associations, fondations ou fonds de dotation ? Ce sont les piliers de ce modèle, où l’argent sert la cause, pas les poches.

Et maintenant, à vous de jouer !

Vous aussi, vous avez une idée qui pourrait changer des vies ? Maintenant que les OBNL n’ont plus de secrets pour vous, développer votre leadership pourrait être la clé pour concrétiser votre projet. Parce que agir pour le bien commun, c’est bien plus qu’un engagement : c’est une aventure humaine.